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 LA SOCIETE ANONYME BATIGNOLLES-CHATILLON

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Renaissance
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MessageSujet: LA SOCIETE ANONYME BATIGNOLLES-CHATILLON   Jeu 31 Déc - 21:41

LA SOCIETE ANONYME BATIGNOLLES-CHATILLON



Ci-dessus : Vue aérienne des Batignolles (Société Anonyme Batignolles-Chatillon) et ses alentours : cités ouvrières et champs, route nationale vers Paris, en sortie de Nantes. Son activité est la construction de locomotives à vapeur, puis des locomotives électriques et diesel à partir des années 1950.

La Compagnie générale de construction de locomotives (Batignolles-Châtillon), qui s'installa à Nantes, dans le quartier de la Haluchère, a été constituée le 26 mai 1917 à la suite d'un accord entre la Société de construction des Batignolles et la Compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons dont les apports représentaient presque la moitié du capital social. La société prend le nom de Locomotive Batignolles Châtillon (L.B.C), Edouard Goüin en fut le premier président.

Celui-ci acquiert auprès de la ville en 1917, le domaine et le bois de Saint-Georges sur lequel l'usine sera construite, qui est à la fois mitoyen d'un tronçon de la route de Paris (actuel boulevard Jules-Verne) et de la ligne ferroviaire Nantes-Châteaubriant. Le château qui s'y trouvait avec ses dépendances (dont une chapelle) sont rasés, tandis que les maraîchers qui exploitaient les terres sont expropriés. Durant les trois années qui suivent des vastes bâtiments en béton précontraint qui sont dus aux entrepreneurs François Mercier et Claude Limousin (selon le procédé d'Eugène Freyssinet) sortent de terres sur une surface de 200 000 m2 parcourue par 7 km de voies ferrées intérieures. L'usine d'une superficie de 16 500 m2 est inaugurée le 16 octobre 1920.

En 1928, la Société de construction des Batignolles rompt définitivement avec son objet initial en fermant ses ateliers de l'avenue de Clichy, elle fait apport de sa clientèle, ses brevets, études et fabrications de locomotives à sa filiale, la « Compagnie générale de construction de locomotives Batignolles-Châtillon ». Elle s'oriente vers la construction mécanique, et absorbe en 1934 la société Ernault, constructeur de machine-outil. Elle acquiert en 1935 deux sociétés de machines outils à Paris et Cholet. L'usine de Nantes se diversifie dans la construction de matériel d'armement, de raffinerie de pétrole, de sidérurgie, et d'usine à papier.

En 1943, L'usine de Nantes est très éprouvée par les bombardements. En 1950, la société se lance dans la production de matériel pour l'industrie pétrolière et gazière. Elle construit un prototype de char de combat qui ne sera pas adopté mais dont certaines spécificités seront reprise sur l'AMX-30. En 1951, à la faveur d'une augmentation de capital, la SPIE, filiale du Groupe Empain, prend le contrôle de Batignolles-Châtillon. En 1957, la société holding Batignolles-Châtillon est dissoute à la suite de l'apport fusion fait à la Société des Forges et Ateliers du Creusot. En 1960 est constitué la société Batiruhr en association avec la société allemande Ruhrthaler Maschinenfabrik. En 1985, faillite du Groupe Creusot-Loire. L'usine des Batignolles couvrant désormais une superficie de 80 000 m2 est cédée à trois repreneurs :

- Le britannique Worthington pour les pompes ;
- L'américain Rockwell pour la production de rotatives ;
- L'allemand GEA pour la fabrication d'aéroréfrigérants et d'échangeurs pour l'industrie pétrolière et gazière. Cette dernière créant d'ailleurs à cet effet la société Batignolles Technologies Thermiques (BTT).

Arrow HISTORIQUE DE LA COMPAGNIE sur http://www.patrimoine.paysdelaloire.fr/


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MessageSujet: Re: LA SOCIETE ANONYME BATIGNOLLES-CHATILLON   Dim 8 Jan - 18:07

NAISSANCE DE LA SOCIETE ANONYME BATIGNOLLES-CHATILLON

La société anonyme est créée en 1871, prenant la suite de la société en commandite Ernest Goüin et Cie fondée par Ernest Goüin en 1846, dans la commune de Batignolles, au nord-ouest de Paris. Il y fait construire ses ateliers sur un terrain de 14 000 m2 et se lance dans la fabrication de locomotives, de machines de filature et de navires.

En 1856, il acquiert le Chantier Naval Guibert sur l'île de la Prairie au Duc à Nantes. Il y fonde des chantiers de construction de navires en bois et en fer, à voiles et à vapeur. Ses chantiers, où sont employé un millier d'ouvriers, construisent notamment des navires de guerres pour la marine impériale française, ainsi que les gouvernements italien (Castelfidardo), russe et égyptien. Les chantiers perdureront jusqu'en 1875.

A Nantes, la Société de Construction des Batignolles construit des ouvrages métalliques dont le dôme de Notre Dame de Bon Port, et la Charpente Métallique de la 1ère Gare d’Orléans.

La société produit déjà des locomotives à vapeur pour la compagnie des chemins de fer de l’Ouest et aussi pour de nombreux réseaux, dont elle assurait la construction, comme le PO-Corrèze. En 1875, la SCB commence à travailler en Algérie, avec la liaison Bône-Guelma, puis en Tunisie. Première tentative de tunnel sous la manche en 1885, la SCB produit les perforatrices Beaumont utilisées pour le percement.

En 1917, création par Gaston Goüin de la filiale Compagnie générale de construction de locomotives (Batignolles-Châtillon).

Quelques dates :
1920 - L’Etat commande 200 locomotives "Pacific", la 1ère sort le 27 octobre 1921. L’usine de Nantes prend des marchés de réparation et emploie globalement 3500 personnes.
1922 - Une locomotive est fabriquée tous les 2 jours de l’usine de Nantes. (exemple : Pacific 231 G 558)
1924 - Fabrications de matériel d’armements terrestre et maritime (tourelles, tube lance-torpilles).
1934 - Rachat de la Sté H. Hernault en vue de construire des tours parallèles (Machines-outils). Cette année verra des licenciements dus à la récession de 1930.
1938-1940 - A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, l’usine emploie 3000 personnes. Les principales fabrications sont : les locomotives à vapeur, les tours H. Hernault Batignolles, l’armement (obus de 380mm pour les cuirassés, moteurs hydrauliques Neyder pour les tourelles de ces navires, tubes lance-torpilles et torpilles pour les sous-marins, caisse des auro-chenilles Panhard produites à la cadence de une par jour ouvrable, culasse de canons.
1940-1945 - Pendant l’occupation sortent les locomotives 150 X machines à petite vitesse pour les lourds convois. On répare aussi le matériel, mais inutile de souligner le peu de productivité à cette époque… une manière passive de résister à l’occupant.
23 mars 1943 - L’aviation anglaise bombarde l’usine faisant 37 victimes avec la destruction de nombreux ateliers.
1950 - Production de la dernière machine à vapeur pour la SNCF.
1953-1963 - Les fabrications se diversifient et 2000 personnes sont encore employées.
1976-1984 - L’établissement emploie 1700 personnes, il est séparé en 2 grands secteurs de production : Le groupe imprimante, et les aéroréfrigérants et échangeurs. De 1976 à 1980 il reste 1000 personnes
1984-1985 - Faillite du propriétaire Creusot Loire, entraînant son rachat par une société américaine et une société allemande. Elle porte actuellement le nom de Batignolles Technologies Thermiques (BTT).


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MessageSujet: Re: LA SOCIETE ANONYME BATIGNOLLES-CHATILLON   Dim 8 Jan - 18:31

LE LOGEMENT DES SALARIÉS

Rapidement, le site des Batignolles qui emploie plus de 3 500 ouvriers, doit loger ces derniers et leurs familles, non-nantais dans une forte proportion (Bretons, Tourangeaux, Parisiens, mais aussi, Autrichiens, Italiens, Espagnols, Portugais, Tchécoslovaques, Polonais, etc…). À cet effet, l'entreprise crée en 1920, trois cités ouvrières : La Halvêque, La Baratte et Le Ranzay. Celles-ci étaient pourvues de rues numérotées, avec un certain nombre de services, notamment un dispensaire, une école primaire et une église (Saint-Georges des Batignolles), ainsi que des terrains de sport et un cinéma. Les cités, formées par 450 maisons en bois chacune dotée d'un jardin, sont construites par les Établissements Bessonneau, d'où le nom usuel de cités Bessonneau.

Ces logements (dont on peut voir une reconstitution, au 31 boulevard des Batignolles) comportaient trois ou quatre pièces. Les murs extérieurs étaient constituées de panneaux en bois peint, rouge-brun à double paroi. Les cloisons intérieures et les plafonds avaient un enduit en plâtre sur lattis ; un appentis, accolé à l’un des pignons, servait de débarras ; l’ensemble reposait sur un socle de béton ; la couverture était en ardoises d’Angers. Au début, les maisons n’ont pas l’eau courante : les cités étaient alimentées par des bornes-fontaines, plantées au coin des rues, qui distribuaient l’eau de la ville. Plus tard, les habitants eux-mêmes équiperont leurs maisons à l’aide de matériaux récupérés plus ou moins clandestinement à l’usine. Il n'y avait pas non plus de w.c intérieurs ; des w.c publics à quatre compartiments avec fosses étanches de 8 m3 étaient implantés aux points stratégiques des cités. L’assainissement était assuré par un réseau d’eaux usées.

Des trois cités, il ne reste désormais plus rien : Le Ranzay sera démoli en 1965 (le cinéma fermé en 1968, sera rasé en 1998), La Halvêque disparait en 1972 pour laisser la place à une cité HLM, tandis que La Baratte laissé à l'abandon dès 1974, est aujourd'hui remplacée par le Stade de la Beaujoire.


Cliché août 1958. Au premier plan vue de l'Usine des Batignolles. En arrière plan vue de la cité du Grand Clos (Architecte : Michel Roux-Spitz).


Cliché quelques années plus tard. Au premier plan vue de la route de Saint-Joseph de Porterie, et de la cité du Grand Clos, de la rue de la Bertinière, rue de Keren, rue d'El Alamein, rue de Pontecorvo, Au second plan vue de la cité des Batignolles, de l'usine des Batignolles, de la route de Paris, boulevard Jules Verne. En arrière plan vue de la cité du Pin-Sec.
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