NANTES - AU FIL DE L'HISTOIRE...

Quand Nantes se la raconte ... Son passé, son histoire !
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 L'ARRIVÉE DE LA FÉE ÉLECTRICITE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Renaissance
Admin
avatar

Messages : 423
Date d'inscription : 09/03/2014
Localisation : Nantes

MessageSujet: L'ARRIVÉE DE LA FÉE ÉLECTRICITE   Mer 9 Avr - 19:32

L’USINE ÉLECTRIQUE SULLY

Dans les années 1880, les grandes villes de France se lancent, les unes après les autres, dans l’aventure électrique. Nantes, ville prospère d’industries choisit de traiter en mars 1891 avec la Société Anonyme pour la Transmission de la Force par l’Electricité dont le siège social est à Paris. La concession est signée le 11 mai. La mise en service de l’usine est prévue pour la fin de l’année 1891. Il faut donc construire la centrale de production, poser le réseau et prospecter la clientèle, le tout en neuf mois.



L’aventure de l’électricité débute donc à Nantes le 26 décembre 1891, lors de la mise en service de la première ‘Usine’ électrique, située rue Sully, sur les bords de l’Erdre. Les contraintes techniques de l’époque imposent une implantation à proximité du centre-ville. Mais les terrains sont rares, et  installer en ville une usine avec chaudières, cheminée, machine à vapeur à pistons, laisse entendre des nuisances certaines. Jusqu’alors et depuis 1840, les rues étaient éclairées au gaz. Deux entreprises seront les premières à éclairer leurs ateliers à l’électricité : la savonnerie Serpette et l’imprimerie Moreau. Elles produisent elles-mêmes l’énergie nécessaire en branchant une dynamo à une de leurs machines à vapeur. Il faudra quelques décennies, pour que tout le paysage industriel nantais soit transformé par l’arrivée de la ‘fée électricité’.

La Place Royale et la Place Graslin, la rue d’Orléans et la rue du Calvaire, importantes artères commerciales, sont les premières éclairées par les nouveaux globes électriques. L’usine est équipée dès le départ de trois dynamos Desroziers fournissant du courant continu sous une tension de 110 volts. Ces générateurs sont entraînés par des machines du type Pilon Compound alimentées en vapeur par quatre chaudières. Le combustible est le charbon. Venant d’Angleterre, il est déchargé quai de la Fosse et repris dans des chalands qui l’amènent sur les quais de l’Erdre. De là, des charrettes à cheval le transportent jusqu’à l’usine.



Le premier abonné, M. Klain, tient un magasin de confection rue du Calvaire, le second, M. Lhoserinski, est négociant dans la mêmerue, le troisième, M. Philippeau, tient le café Continental, place Royale. On fait de cette énergie, symbole de modernité, un usage parcimonieux : elle vaut 1,20 Fr/le kWh, soit dix fois le prix du gaz ! Et les ouvriers qui posent les câbles gagnent 120 francs par mois. L’éclairage des rues suit de quelques mois celui des premiers magasins. De grosses lampes à arc font leur apparition dans le centre-ville. Bien sûr, leurs charbons s’usent vite ! Alors on les changera. L’histoire ne nous dit pas si l’on a embauché pour cette nouvelle tâche les allumeurs de réverbères mis au chômage ! Une date clé dans cette période pionnière : le 27 décembre 1891, le théâtre Graslin abandonne le gaz au profit de l’électricité. Question de prestige pour la Municipalité, de marketing pour le concessionnaire : c’est dans ce rendez-vous du tout-Nantes qu’il est le plus sûr de séduire de nouveaux clients ! Sous la lumière électrique, observe le journal le Populaire, les diamants dont sont parées certaines spectatrices brillent de leurs plus beaux feux !

En avril 1898, la première centrale d’électricité atteint une puissance d’environ 1000 chevaux. Avec 700 abonnés en 1900. Le site tourne alors au maximum de ses capacités et les plaintes des riverains sont croissantes. La Compagnie Générale d’Electricité, créée en 1898, se lance ainsi dans la recherche d’un nouveau site proche du centre ville et alimenté en eau. Trois ans plus tard, elle achète un terrain 16 rue Lamoricière, où coule tout près la Chézine. En 1903, les générateurs de la centrale Sully sont transférés sur le site de Lamoricière. L’usine Sully est vendue à un certain Mr. Lejean. Les murs de l'ancienne usine ont abrité pendant plusieurs années un garage automobile.

Les instruments de comptage et de mesure électrique sont issus d'une sauvegarde de matériel réalisée par deux agents EDF sensibles au témoignage que ces objets pouvaient apporter. Au fil des années, des instruments de toutes tailles et de fonctions diverses ont été stockés au sein de l’agence Réseau Electricité Fiabilité Comptages et Mesures d’Orvault. Certains de ces objets ont été valorisés lors du 50ème anniversaire d’EDF en 1996.



En 2005, le Conseil Général adopte un programme de construction de locaux administratifs et rachète le terrain. Aujourd'hui, la façade de la première usine électrique, rue de Sully, est inclus dans les bureaux du Conseil Général appelé aussi 'Immeuble Jean-Baptiste Daviais', création du Cabinet d’Architectes Forma 6 et de l'artiste Béatrice Dacher. La portion conservée, trois arcades constitue désormais l'entrée principale du bâtiment.


Dernière édition par Renaissance le Dim 5 Fév - 12:18, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://nantes-histoire.forumactif.org
Renaissance
Admin
avatar

Messages : 423
Date d'inscription : 09/03/2014
Localisation : Nantes

MessageSujet: Re: L'ARRIVÉE DE LA FÉE ÉLECTRICITE   Mer 9 Avr - 19:37

L’USINE ÉLECTRIQUE LAMORICIÈRE

La Société nantaise d’électricité, dans laquelle la toute jeune Compagnie générale d’électricité a fait une entrée en force, fait l’acquisition, le 21 juillet 1901, d’une propriété rue Lamoricière. La deuxième centrale électrique de Nantes y sera inaugurée en septembre 1902. C’est un superbe ensemble de bâtiments de brique rouge, récemment réhabilité par la Ville, qui porte témoignage de la qualité de l’architecture industrielle de l’époque. La grande halle est équipée de deux générateurs de 1 750 CV au total. Les chaudières sont alimentées en charbon venu du port, l’eau de refroidissement des générateurs arrive de la Loire, par canalisation, et repart dans la Chézine toute proche.

La pénétration de l’électricité dans les foyers nantais se fait lentement, en 1901, Nantes n’en comptait que 700 abonnés. En 1904, le courant est distribué à 1 674 abonnés. Et à la fin de la décennie, on en est à 2 300. Géographiquement, le réseau s’est beaucoup étendu : au nord vers le rond-point de Rennes, au sud jusqu’à Saint-Jacques, à l’ouest jusqu’à Sainte-Anne, à l’est, jusqu’à la gare. En courant continu, même avec les réseaux aériens qui ont fait leur apparition, on atteint les limites de l’éloignement par rapport à la source de production. Fort heureusement, en 1909, les premiers turbo-alternateurs, capables de produire le courant alternatif que nous utilisons aujourd’hui, ont fait leur apparition. L’électricité va pouvoir gagner la périphérie.



L’année 1910 est importante. Tout d’abord, la SNE reprend les tramways Mékarski, orgueil de Nantes. Ils rouleront désormais à l’électricité. La société, dans laquelle le groupe Jeumont est entré, prévoit d’importants développements. Il faut construire une nouvelle centrale plus vaste, plus moderne, plus puissante, permettant notamment de développer les usages industriels de l’électricité. Le 5 mai 1911, le maire de Nantes, Paul Bellamy perçoit que le développement de Nantes l’industrieuse passera par l’électricité et annonce l’électrification prochaine du réseau tramway. Pour cela, il faut construire une nouvelle centrale plus vaste, plus moderne, plus puissante.

Construite en 1901, cette ancienne usine électrique de style Néo-baroque éclectique était la seconde à ouvrir à Nantes, après celle de la rue Sully et avant celle de Chantenay. Pour son centenaire, la grande halle, réhabilitée en 2001, et accueille désormais un complexe sportif et un espace commercial.


Dernière édition par Renaissance le Dim 5 Fév - 12:20, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://nantes-histoire.forumactif.org
Renaissance
Admin
avatar

Messages : 423
Date d'inscription : 09/03/2014
Localisation : Nantes

MessageSujet: Re: L'ARRIVÉE DE LA FÉE ÉLECTRICITE   Jeu 10 Avr - 18:46

CENTRALE DE CHANTENAY

C’est en 1913, juste avant la guerre, que l’usine de Chantenay est inaugurée (Etapes de sa construction). Elle est cette fois en ciment armé paré de briques, sur quatre étages, avec une salle des machines de 50 mètres sur 37. Les promoteurs ont su voir grand. Les 94 véhicules du tramway à air comprimé qui étaient alors en service sont donc remplacés à partir de 1913 par un matériel électrique que l'on baptisa bientôt ‘le Péril jaune’. En 1914, 49 % du réseau est électrifié et 84 % l'année suivante, soit 8 lignes électrifiées en service.

Grève de 1936 : M. Schauffler, le patron de la sous-station Lamoricière se souvient un cadre cité par René Sauban, était un grand féodal : tout le monde devait lui parler à la troisième personne ! Mais dès 1924, la SNE accordait des congés payés à son personnel. Leur durée était proportionnelle à l’ancienneté dans l’entreprise. Cela n’empêchera pas le personnel de Lamoricière comme de Chantenay, de se mettre en grève le 17 juin. Une grève sur le tas : on mange et on dort sur place.



Contrairement à Sully, l’usine Lamoricière ne va pas disparaître : ce sera la sous-station qui alimentera la ville de Nantes. Au sortir de la Grande Guerre, la situation en ville est loin d’être satisfaisante. Il faut désormais convertir le courant alternatif en courant continu pour alimenter le réseau primitif du centre-ville. Le développement de l’électricité industrielle exige de la puissance : quand il n’y en a pas assez, on coupe d’abord les particuliers... qui se plaignent. Et dans les quartiers populaires, on s’éclaire encore au pétrole.

Mais la SNE a deux priorités plus importantes : développer sa clientèle industrielle et partir à la conquête du département. Ce d’autant plus qu’une compagnie concurrente a fait son apparition à Saint-Nazaire. Une nouvelle ère se profile : l’arrivée de l’électricité dans les zones rurales. En 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on compte pas moins de trente sociétés d’électricité privées dans le grand Ouest.



Elles connaissent un succès mitigé. À la veille de la nationalisation de 1946, la carte de France de l’électrification fait apparaître une grande tache blanche : les départements du Finistère, des Côtes d’Armor, du Morbihan, d’Ille et- Vilaine, de Vendée sont électrifiés à moins de 60 %. La Loire-Atlantique fait nettement mieux : entre 80 et 89 %. Avec la naissance d’Electricitéé de France (EDF), s’impose une notion nouvelle : celle du service public de l’électricité.

Le tramway nantais a durement souffert des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. En 1946, la municipalité hésite devant les travaux de reconstruction d'un certain nombre de lignes qui sont alors converties à l'autobus. Le 25 janvier 1958, le tramway circule une dernière fois. L'usine de Chantenay fonctionnera jusqu’en 1964 ! Aujourd'hui, la grande halle est aujourd’hui visible dans le bas Chantenay. Elle abrite les activités des Fonderies de l’Atlantique.


Dernière édition par Renaissance le Dim 5 Fév - 12:16, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://nantes-histoire.forumactif.org
Renaissance
Admin
avatar

Messages : 423
Date d'inscription : 09/03/2014
Localisation : Nantes

MessageSujet: Re: L'ARRIVÉE DE LA FÉE ÉLECTRICITE   Sam 12 Avr - 19:10

LA CENTRALE THERMIQUE DE CHEVIRÉ

Après la remise en état du réseau rural et urbain dans la période 1945-1950, La nouvelle entité EDF entreprend des travaux pour faire face à la demande croissante d’électricité, améliorant la capacité des postes de transformation et les interconnexions haute tension, moyenne tension et basse tension. Mais en 1946, la Centrale electrique de Chantenay, est au maximum de ses capacités de sa production, elle ne peut répondre seule à la demande croissante d’électricité industrielle et domestique de la ville de Nantes et de sa périphérie. La centrale de Cheviré est donc construite à partir de 1949, sur le projet de l'architecte principal Michel Homberg.





Pour créer cette nouvelle centrale, il fut nécessaire de réaliser des travaux d'atterrissement, c'est à dire de draguer le lit du fleuve pour remblayer les berges de l'ancienne île qui se trouvait, au XVIII ème siècle, au milieu de la Loire et qui est maintenant totalement incluse à la rive gauche du fleuve. En janvier 1952 les travaux de dragage commencèrent avec l'utilisation d'une drague-suceuse qui, à une dizaine de mètres de la surface de l'eau, révéla très vite la présence d'ossements, crânes, tibias, mâchoires ainsi que des fragments de bois, des débris de chaînes.

Après la Révolution française, pendant la Terreur, vers 1793, Jean-Baptiste Carrier, délégué par le Comité de Salut Public opéra l'épuration des saboteurs et royalistes qui conspiraient pour renverser la jeune république. A cette époque, les conjurés étaient noyés en Loire, soit jetés par dessus bord d'embarcations, soit précipités de ces dernières par une trappe placée dans les cales. La Loire venait-elle de livrer ses secrets historiques en restituant les tragiques reliques des 'Noyades de Nantes' ?



La centrale est mise en service en 1954 et béneficie d’une gestion à commandes centralisées et automatisées et utilise le charbon, le gaz et le fuel. Du combustible arrive de la Raffinerie de Donges par un oléoduc. A Nantes le courant continu fut remplacé par l’alternatif de 1956 à 1958. L'année 1966 marquera à Nantes, la fin de l’éclairage public au gaz. La centrale de Chantenay est arrêtée en 1964 et en 1966, la décision est prise de mettre en chantier celle de Cordemais qui servira de centrale de secours lors des périodes de pointe dans le grand Ouest. De 1965 à 1970 l’électrification des ZUP de Beaulieu, du nouveau quartier de Bellevue et des Zones industrielles de Carquefou et de Saint Herblain a représenté une intense activité pour EDF. La centrale de Cheviré est arrêtée en 1986 et fut détruite en 1991, alors qu'on inaugure la mise en service du Pont de Cheviré.



Avant sa fermeture, des agents EDF et électriciens de maintenance qui travaillaient à la centrale de Cheviré se voient progressivement proposer la possibilité d'être recrutés sur le projet de la future Centrale de Cordemais. Les chaudières de Cheviré étaient les mêmes, en plus petit, que celle de la tranche qui allait être construite à Cordemais : 250 mégawatts à Cheviré contre 600 mégawatts à Cordemais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://nantes-histoire.forumactif.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L'ARRIVÉE DE LA FÉE ÉLECTRICITE   

Revenir en haut Aller en bas
 
L'ARRIVÉE DE LA FÉE ÉLECTRICITE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Arrivé de mon chiot
» arrivée de thailande... une idée ??
» Suivi de l'arrivé des oiseaux, saison estivale 2007
» peut-il y avoir des problèmes avec l'arrivée d'un deuxième chien?
» Tara akita inu arrivée avec Victor

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
NANTES - AU FIL DE L'HISTOIRE...  :: HISTOIRE : LES MUTATIONS URBAINES :: LES INDUSTRIES-
Sauter vers: