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 LES RAFFINERIES SUCRIERES NANTAISES

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Renaissance
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MessageSujet: LES RAFFINERIES SUCRIERES NANTAISES    Jeu 24 Avr - 21:48

LES RAFFINERIES SUCRIERES NANTAISES

1654. Rue Richebourg, la première raffinerie de sucre est créée à Nantes par un marchand d’origine espagnole Yves de Santo-Domingo, avec un maître-raffineur hollandais. Les Hollandais possèdent en effet un savoir-faire acquis au Brésil d’où les Portugais les ont chassés. En 1680, Nantes compte trois raffineries. Elle n’est pas encore une place forte mais les débuts sont prometteurs pour l’activité sucrière. Les négociants s’y intéressent et ne tardent pas à investir dans ce domaine.

Le sucre est une denrée rare en Europe au XVIIe siècle car c’est le miel qui est encore utilisé pour sucrer. Ça n’est qu’à la fin du XVIIe siècle qu’il devient un produit de consommation courante quand le café, le thé et le chocolat se diffusent dans les sociétés européennes. Nantes et le sucre, c’est aussi une histoire qui prend sa source dans le commerce triangulaire. Les esclaves africains déportés servent de main d’œuvre dans les exploitations sucrières des ‘îles’ dont celle de Saint-Domingue. La canne à sucre y est récoltée puis broyée dans des moulins pour obtenir du sucre brut. Et c’est ce sucre qui arrive par bateau à Nantes pour y être  raffiné avant d’être commercialisé. Nantes s’affirme comme une place majeure du négoce du sucre aux XVIIIe et XIXe siècles : elle répond à une demande européenne qui explose notamment en Angleterre avec la consommation accrue de thé.

La Révolution donne un coup de frein à ce développement : en 1812, Nantes ne compte plus que 5 entreprises sucrières, contre 11 avant 1789. Mais un certain Louis Say fait son apparition et crée 'la raffinerie des Ponts' (boulevard Gustave-Roch), un important établissement de raffinage de sucre de canne. En 1832, il décide de miser sur le sucre de betterave qui a fait son apparition à la fin de l’Empire. Il quitte Nantes pour Paris dans le 13è arrondissement, et fonde la marque ‘La Jamaïque’. C’est la naissance d’une dynastie sucrière française. Ses deux fils Achille et Gustave restent à Nantes pour poursuivre leur activité. Ils s’allient en 1832 à la famille Etienne pour reprendre la raffinerie des Ponts.

- En 1788, Nantes compte 11 raffineries et raffinent 450 tonnes de brut par an.
- En 1812, il ne reste que 5 raffineries et raffinent 1000 tonnes de brut par an.
- En 1832, c'est 7000 tonnes de sucre par an qui sont raffinées sur Nantes.
- Fin des années 1850, les raffineries restant traitent 50 000 tonnes de brut.
- En 1863, la production nantaise atteint 63 000 tonnes de sucre raffiné.

L’autre grand établissement de Nantes est, à cette époque, la raffinerie Richebourg, fondée par les frères Gouté, associés à Eugène Massion-Rozier. En 1828, l’Angevin André Cossé épouse la fille de son patron, confiseur rue Casserie, Mlle Duval. Il rachète une ancienne filature, rue des Olivettes et y crée la 'candiserie Cossé-Duval', fabrique de sucre candi, un produit apprécié dans l’industrie vinicole champenoise pour la fabrication des vins effervescents. Le sucre candi, qui se présente sous la forme de gros cristaux, ne tarde pas à acquérir une renommée mondiale et devient l’or blanc de Nantes !



Une autre figure marque le négoce du sucre : il s’agit de Nicolas Cézard, un Lorrain venu s’installer à Nantes en 1843. En 1852, il reprend et modernise une ancienne huilerie 'la raffinerie de Launay', rue de la Brasserie à Chantenay. Mais le sucre provoque également une poussée spéculative. Le ‘Napoléon du sucre’, comme le surnomment les journalistes américains, l’apprend à ses dépends. Il fait faillite en 1866 puis en 1883 avec ses fils. Une entreprise qui va survivre à la déconfiture familiale. La Raff., comme on l’appellera, située quai du Cordon-Bleu, en contrebas du cimetière Saint-Martin.

Le raffinage du sucre se développe au XIXe siècle : l’arrivée du chemin de fer en 1851 est un stimulant pour l’activité sucrière qui mobilise l’industrie mécanique pour concevoir ses machines qui débitent pains et tablettes de sucre. Son apogée se situe vers les années 1860. Nantes est alors pour une courte durée le premier centre français de raffinage. Un chiffre : en 1863, la production nantaise atteint 63 000 tonnes de sucre raffiné. La filière sucrière représente la moitié du chiffre d’affaires de l’industrie nantaise !

À la fin de la décennie 1860, Nantes et les ports sucriers français perdent le monopole de l’exportation du sucre raffiné, obtenu en 1625. Certains établissements ferment leurs portes. D’autres se créent dont celui de Chantenay qui devient à la fin du XIXe siècle la plus grosse raffinerie nantaise. les 700 ouvriers entameront une longue grève qui aboutira à la journée de dix heures (au lieu de 12). En 1914, la raffinerie de Chantenay, la raffinerie Billard (qui préférera bientôt le tapioca au sucre), Cossé-Duval produisent 50 000 tonnes de sucre, moins qu’en 1865. Le déclin se poursuit après la Première Guerre. En 1919, la raffinerie de Chantenay reprend Cossé-Duval. Entre 1925 et 1930, la production baisse à nouveau de 15 %. L'ancienne raffinerie Cossé-Duval ferme ses portes en 1934.



L’établissement de Chantenay est racheté par la famille Say qui construit pour sa nouvelle implantation un site industriel en bord de Loire, boulevard Bénoni-Goullin, et qui entre en activité en 1937. Ce sera la dernière raffinerie de sucre construite en France. Le 08 juin 1944, elle est détruite lors d’un bombardement. Elle reprend ses activités en 1946. En 1968, on considère qu’il n’y a pas de place pour deux raffineries concurrentielles à Nantes. Chantenay jette l’éponge. En 1973, Say le pionnier et Béghin, le magnat de la betterave sucrière, fusionnent. L’usine de l’île de Nantes devient Béghin-Say. Aujourd’hui, son nom a changé du fait d’un changement de propriétaire. Désormais propriété du groupe Téréos, l’usine à l’imposante cheminée haute de 83 mètres et sa silhouette bleue et blanche façon Louisiane (depuis 1993), a cessé de raffiner le sucre en juillet 2009. Les 120 000 tonnes de sucre qui arrive chaque année par bateau quai Wilson ou à Cheviré sont déjà transformées. Elles sont conditionnées par les 80 salariés du site, derniers témoins d’une histoire nantaise vieille de trois siècles et demi.
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